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Chantier n°6

Famille et parentalité

Donner aux familles le temps et les moyens d'avoir les enfants qu'elles désirent

1,56enfant par femme en 2025, le plus bas niveau depuis 1918
0,6 enfantd'écart entre ce que les Français désirent (2,2) et ce qu'ils ont (1,6)
48 %des mères sans emploi et sans aide vivent sous le seuil de pauvreté

La France fait aujourd'hui son plus petit nombre d'enfants depuis 1918 : 1,56 enfant par femme en 2025, et pour la première fois depuis 1945, il y a eu plus de décès que de naissances (INSEE, Bilan démographique 2025). En quinze ans, le pays a perdu près d'un quart de ses naissances. Mais voici le chiffre qui change tout : les Français disent vouloir en moyenne 2,2 enfants, et ils en ont 1,6 (INED, 2025). Le problème n'est pas qu'ils n'en veulent pas. C'est qu'on leur rend la vie trop difficile pour les faire.

Les freins sont connus : le coût d'un enfant, l'impossibilité de trouver une place de crèche, la peur pour sa carrière quand on s'arrête, et la précarité. Une mère sur deux sans emploi et sans aide vit sous le seuil de pauvreté (DREES, 2022). Face à ça, notre système d'aides est un empilement illisible, mal pensé : le congé parental paie 460 euros par mois, personne ne peut en vivre, et le premier enfant n'ouvre droit à presque rien. On propose de tout remettre à plat : du temps pour les parents, un revenu clair pour les familles, une place de garde pour tous.

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Ce qui se passe vraiment

L'indice de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme en 2025, le plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Les naissances ont reculé de 24 % depuis 2010, et 2025 est la première année depuis 1945 où la France compte plus de décès que de naissances (INSEE, Bilan démographique 2025). On est loin du seuil de 2,1 enfants par femme nécessaire au simple renouvellement des générations.

Une précision essentielle, car elle ouvre la porte à l'action : cette baisse ne vient pas d'un manque de femmes en âge d'avoir des enfants, leur nombre n'a pas diminué. Elle vient des conditions de vie qui repoussent ou empêchent les projets d'enfant. Et l'écart entre le désir et la réalité s'est creusé : les Français souhaitent environ 2,2 enfants et en ont 1,6, soit un demi-enfant de différence (INED, 2025). Cet écart, c'est notre marge d'action.

Les Français veulent plus d'enfants qu'ils n'en font. Notre travail, ce n'est pas de leur faire la morale, c'est de lever ce qui les en empêche.
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Un système à bout de souffle et illisible

Aujourd'hui, un parent qui veut s'arrêter pour s'occuper de son enfant touche un congé parental de 460 euros par mois (DREES, 2025). Personne ne peut en vivre. Résultat : ce sont presque toujours les mères qui le prennent (94 % des cas), souvent les plus modestes, et elles s'éloignent durablement de l'emploi.

Le reste est un empilement d'aides que plus personne ne comprend, et que la Cour des comptes elle-même juge illisible. Le premier enfant n'ouvre droit à presque rien : les allocations familiales ne commencent qu'au deuxième enfant. Et selon qu'on est en couple ou seul, salarié ou non, sous tel ou tel plafond de revenus, on touche des choses différentes, à des moments différents.

L'histoire nous a déjà montré le piège à éviter. Dans les années 1990, une allocation longue et mal payée réservée aux mères a fait chuter leur emploi de 69 % à 53,5 % et retiré jusqu'à 200 000 femmes du marché du travail, sans effet sur la natalité (Piketty, INSEE, 1998). La leçon est claire : un bon congé doit être bien payé, partagé entre les deux parents, et garantir le retour à l'emploi.

Aide actuelleMontantLe problème
Congé parental460 €/moisPersonne ne peut en vivre. 94 % sont des mères.
Aide pour le 1er enfant0 €Les allocations ne commencent qu'au 2e enfant.
Aide jeune enfant (0-3 ans)198 €/moisSous conditions de ressources.
Place en crèche23 pour 100 enfantsLa plupart des parents n'en trouvent pas et restent à la maison sans l'avoir choisi.
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Ce qu'on propose

Un congé parental qui ne ruine personne

Un congé parental d'un an et demi par naissance, à se partager librement entre les deux parents, ensemble pour profiter de l'enfant à deux, ou l'un après l'autre pour prolonger la présence. Pendant ce congé, le salaire est maintenu (jusqu'au plafond de la Sécurité sociale, sans jamais descendre sous le SMIC) et payé par la collectivité, pas par l'employeur.

C'est aussi une bonne nouvelle pour les entreprises : l'employeur n'a plus à payer le salaire de la personne absente et peut embaucher un remplaçant le temps du congé, avec le retour au poste garanti pour le parent. On arrête de faire peser sur l'employeur le coût d'avoir un enfant, ce qui pénalisait surtout les femmes à l'embauche.

Personne n'est laissé de côté

Pour les parents sans emploi, un revenu garanti au niveau du SMIC pendant la première année, sans obligation de chercher un travail dans ces douze premiers mois, puis un accompagnement vers la formation ou l'emploi. C'est la réponse directe à un scandale silencieux : une mère sur deux sans emploi et sans aide vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté.

Un revenu parental clair, dès le premier enfant

À la place de l'empilement actuel d'allocations, un revenu parental unique et lisible, versé dès le premier enfant et jusqu'au collège, plus fort quand l'enfant est petit puis dégressif. L'avantage fiscal du quotient familial, lui, est mis en pause pendant la petite enfance et prend le relais ensuite, pour les années de lycée et d'études. On ne verse jamais les deux en même temps.

Une place de garde pour tous

Un grand plan de création de places en crèche, financé par l'État aux côtés des communes, parce que c'est la mesure qui marche le mieux, à la fois pour aider à avoir des enfants et pour permettre aux mères de garder leur emploi. Et tant qu'aucune place n'est disponible, le droit de passer à temps partiel sans perdre son emploi, jusqu'aux trois ans de l'enfant.

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Avant, après : ce qui change

On ne fait pas pleuvoir des aides nouvelles sur un système déjà confus. On supprime ce qui ne marche pas, on fusionne ce qui est éparpillé, et on crée ce qui manque. Voici, ligne par ligne, ce que ça change pour une famille.

Aujourd'huiDemain
Congé parental payé 460 €/moisCongé au salaire maintenu, payé par la collectivité
L'employeur garde le poste et gère l'absenceL'employeur est déchargé et peut embaucher un remplaçant
Premier enfant : aucune allocationUn revenu parental dès le premier enfant
Un empilement d'aides illisibleUne aide unique et claire, selon l'âge de l'enfant
23 places de crèche pour 100 enfantsUne solution de garde garantie à la fin du congé
Une mère sans emploi sur deux sous le seuil de pauvretéUn revenu garanti la première année
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Comment on le paie

Le revenu parental ne coûte presque rien d'argent neuf. Il est financé en fusionnant les aides qui existent déjà (environ 19 milliards d'euros par an) et en mettant le quotient familial en pause pendant la petite enfance. On ne crée pas une aide de plus : on remet de l'ordre dans un système illisible et on le rend plus juste, en versant la même chose à tous, dès le premier enfant.

L'argent réellement nouveau finance le congé et les crèches, soit de l'ordre de 15 à 20 milliards d'euros par an. C'est beaucoup, et je l'assume : c'est la mesure la plus importante de ce programme. Son financement sera tranché avec le chantier sur la fiscalité, et non caché sous le tapis.

Une dernière honnêteté, car elle compte. On ne promet pas un miracle des naissances. La recherche est prudente : l'argent seul fait surtout faire les enfants plus tôt, pas forcément plus nombreux (France Stratégie, 2026). Mais un résultat est certain, c'est la baisse de la pauvreté des jeunes familles. On met les moyens et le temps, et on mesure les effets, sur la natalité comme sur la pauvreté. Pas de slogan, des résultats vérifiés.