← Retour à l'accueil jonathanphilippe.fr

Chantier n°13

Alimentation et agriculture

Nos enfants mangent du poulet brésilien pendant que nos éleveurs font faillite.

99 000 tde bœuf sud-américain à droits réduits autorisés par le Mercosur, produit avec des hormones interdites en Europe
18 %des communes respectent la loi Egalim sur l'approvisionnement des cantines. Aucune sanction n'existe
3,7 Mdde repas servis chaque année dans la restauration collective publique

On demande à nos éleveurs de respecter les normes les plus strictes du monde : bien-être animal, traçabilité, interdiction des hormones. Et on les met en concurrence directe avec des producteurs qui n'ont aucune de ces contraintes, via des accords de libre-échange négociés à Bruxelles. C'est de la concurrence déloyale par les prix organisée par la loi.

La loi Egalim existe depuis 2018. Elle impose 50 % de produits de qualité dont 20 % bio dans les cantines publiques. En 2026, on est à 25 % et 12 %. Seules 18 % des communes la respectent. Aucune sanction n'existe. Ce n'est pas un problème de moyens. C'est un problème de volonté politique.

1

Le Mercosur : une concurrence déloyale organisée

L'accord UE-Mercosur a été signé le 17 janvier 2026 et entre en application provisoire le 1er mai 2026. La France a voté contre et a été mise en minorité. Il autorise 99 000 tonnes de bœuf et 180 000 tonnes de volaille sud-américains à droits réduits. Ce bœuf est produit avec des hormones de croissance interdites en Europe depuis 1989. 45 pesticides autorisés au Brésil sont interdits dans l'UE.

On demande à nos éleveurs de respecter les normes les plus strictes du monde, et on les met en concurrence directe avec des producteurs qui n'ont aucune de ces contraintes. Ce n'est pas du libre-échange. C'est de la concurrence déloyale par les prix (dumping) réglementaire.

2

Le levier immédiat : les cantines publiques

3,7 milliards de repas sont servis chaque année dans la restauration collective publique, pour un budget d'achats alimentaires de 4,9 milliards d'euros. Actuellement, 15 à 20 % des produits sont importés, dont 8 à 10 % hors Union européenne. La loi sur l'alimentation et la restauration collective (Egalim) de 2018 imposait déjà 50 % de produits de qualité dont 20 % bio. En 2026, on est à 25 % de qualité et 12 % de bio. Seules 18 % des communes respectent la loi. Aucune sanction n'existe.

Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes, prouve que c'est possible : 100 % bio et local depuis 2012, en gestion directe. Le gaspillage est passé de 147g à 32g par assiette. Le coût de la matière première a baissé de 1,90 à 1,70 euro par repas malgré le passage au tout-bio. Le bio coûte 40 % plus cher à l'achat, mais cela est compensé par la réduction du gaspillage et les menus végétariens.

Nos enfants mangent du poulet brésilien pendant que nos éleveurs font faillite. 3,7 milliards de repas par an dans les cantines publiques : c'est un levier immédiat, sans attendre Bruxelles.