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Chantier n°2

Sécurité et délinquance

Répondre par l'efficacité, pas par le discours

63%de récidive à 5 ans après une sortie sèche de prison (Conseil économique, social et environnemental, 2019)
30%de récidive après une libération conditionnelle (Min. Justice)
1,13%des enquêtes résolues grâce à la vidéosurveillance (Gendarmerie nationale, 2025)

Je ne suis ni laxiste ni sécuritaire. Je suis pour ce qui marche.

La prison coûte 32 000 euros par an et par détenu. Le bracelet électronique coûte 3 600 euros. La prison produit deux fois plus de récidive. Ce n'est pas une opinion : ce sont les chiffres du Ministère de la Justice.

La question n'est pas d'être dur ou d'être mou. La question est : qu'est-ce qui réduit vraiment la délinquance ?

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Les vrais chiffres

Délinquance et nationalité : ce que disent les statistiques

Les statistiques du service de statistique du Ministère de l'Intérieur (chiffres 2024) montrent que les étrangers sont surreprésentés dans certains types de délits. C'est un fait. Mais dans tous les cas, la majorité des auteurs sont français.

Type de délitPart étrangersPart Français
Homicides volontaires18%82%
Violences sexuelles13%87%
Vols violents27%73%
Cambriolages38%62%

Ce que ces chiffres ne disent pas

"Mis en cause" ne signifie pas "coupable" : ce sont les personnes interpellées par la police, pas condamnées par la justice. "Étranger" désigne une personne de nationalité non française au moment de l'interpellation. Les Français naturalisés, les binationaux et les Français d'origine étrangère sont comptés comme Français.

Les statistiques ne distinguent pas la situation administrative : les 18% mélangent résidents en situation régulière, personnes en situation irrégulière, touristes et personnes en transit. On ne sait pas quelle part correspond à chaque catégorie. Par ailleurs, les étrangers sont plus fréquemment contrôlés que le reste de la population, ce qui augmente mécaniquement leur présence dans les chiffres.

Les recherches en criminologie identifient les facteurs socio-économiques (précarité, exclusion, logement) comme déterminants premiers de la délinquance, indépendamment de la nationalité.

L'état des prisons

ChiffreDétailSource
86 645Détenus en février 2026 pour 63 289 places, record historique à 137% d'occupationContrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) 2025
32 000 €/anCoût d'un détenu en prisonCour des comptes
3 600 €/anCoût d'un bracelet électroniqueMin. Justice
1 110 €/anCoût d'un travail d'intérêt général (TIG)Min. Justice
63%Taux de récidive dans les 5 ans après une peine de prison sans aménagementMin. Justice 2023
30%Taux de récidive après aménagement de peineMin. Justice
La prison coûte 9 fois plus cher que le bracelet électronique. Et elle produit deux fois plus de récidive. Ce n'est pas du laxisme d'en tenir compte. C'est de l'efficacité.
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Refonder la police

Ce qui a été détruit en 2003

La police de proximité a été supprimée en 2003. Entre 1997 et 2003, elle assurait un travail d'îlotage, de médiation de conflits et de connaissance du terrain. Sa suppression par Sarkozy n'a fait l'objet d'aucune évaluation rigoureuse préalable. La France est le seul pays à avoir démantelé son dispositif de proximité au moment où tous les autres le renforçaient.

Depuis, la politique du chiffre s'est imposée : 47 millions de contrôles d'identité par an selon la Cour des comptes, et un taux de condamnation de 8 % seulement pour les policiers mis en cause pour violences (836 cas en 2021, soit +57 % par rapport à 2016). La confiance des 18-24 ans envers la police a chuté de 10 points entre 2020 et 2021.

La police municipale a explosé en compensation : 28 000 agents en 2024, cinq fois plus qu'il y a 40 ans. Mais avec seulement 4 mois de formation initiale, contre 24 mois pour un gardien de la paix de la police nationale (12 mois en école, 12 mois en service). La police municipale n'a aucun pouvoir judiciaire et aucun organe de contrôle. La Cour des comptes (2020) conclut à une « croissance sans cadre stratégique » et documente que la police municipale a progressivement remplacé la police nationale dans certaines zones, sans effet mesurable sur la délinquance.

Ce que font les autres pays

Au Japon, les koban (mini-commissariats de quartier ouverts 24 h/24) ont accompagné une chute spectaculaire de la criminalité : de 2,85 millions de crimes en 2002 à 915 000 en 2020. Le modèle a été exporté au Brésil, dans un quartier classé parmi les plus dangereux du monde : la criminalité y a chuté de 80 % en dix ans. Au Royaume-Uni, le gouvernement vient de s'engager sur 13 000 nouveaux agents de quartier. Aux Pays-Bas, les agents de proximité ont une formation universitaire dédiée.

L'hémorragie des forces de l'ordre

8 660 départs dans la police nationale en 2023, soit +39 % en quatre ans. Les démissions anticipées ont été multipliées par 2,5 depuis 2019. La Cour des comptes parle de « phénomène de fond ». Il y a 50 millions d'heures supplémentaires non récupérées dans la police, soit l'équivalent de 31 000 postes à temps plein. Pour compenser, on a dégradé le recrutement : le taux d'admission au concours de gardien de la paix est passé de 2 % en 2014 à 18 % en 2020. En zone rurale, 544 brigades de gendarmerie ont fermé depuis 2002.

Le tissu social de terrain : médiateurs et éducateurs de rue

La police de proximité ne peut pas fonctionner seule. Elle a besoin d'un tissu social autour d'elle : médiateurs sociaux, éducateurs de rue, associations de quartier. Ce tissu a été massivement dégradé. En 2016, 460 000 contrats aidés étaient signés chaque année. Le budget 2018 les a ramenés à 200 000, soit 260 000 postes supprimés en deux ans, dont 130 000 dans le secteur associatif (rapport Sénat n°321, 2018).

Les médiateurs sociaux des quartiers prioritaires sont 4 493 en poste pour 6 514 postes budgétés : 2 021 postes vacants faute de budget. Ce dispositif existe depuis 1999 et n'a été évalué pour la première fois qu'en décembre 2024, vingt-cinq ans plus tard (rapport des inspections générales). Les éducateurs de rue sont moins de 4 000 pour tout le pays, un secteur qualifié de « crise majeure » par l'Assemblée nationale (rapport n°4429, 2017).

Notre proposition : quatre niveaux, des passerelles

Cinq corps se partagent aujourd'hui la sécurité : police nationale, gendarmerie, police municipale, et, dans les transports, le service de sécurité interne de la SNCF (SUGE, 3 200 agents) et celui de la RATP (GPSR, 1 000 agents). Quand une femme est agressée dans le métro, l'agent de sécurité SNCF ou RATP sur place ne peut pas interpeller l'auteur : il constate, il rédige, il appelle la police. Le temps qu'elle arrive, l'agresseur est parti.

Notre principe est simple : la sécurité est un pouvoir régalien de l'État. Aujourd'hui, la SNCF et la RATP doivent assurer une partie de la sécurité dans leurs gares et leurs métros parce que l'État ne s'en occupe pas pleinement. Ce n'est pas leur rôle. C'est une anomalie historique qu'il est temps de corriger.

Formation, recrutement, conditions de travail

Un gardien de la paix est formé pendant 24 mois (12 en école, 12 en service). C'est déjà solide. Un agent de police municipale n'en a que 4 : six fois moins de formation. Et les heures supplémentaires des policiers nationaux sont indemnisées 15,21 € de l'heure, en dessous du SMIC horaire.

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Réduire la récidive et restaurer la confiance

Ce qui ne marche pas : l'exemple de la vidéosurveillance

Avant de parler de ce qui marche, parlons de ce qui ne marche pas. L'étude de la Gendarmerie nationale publiée en janvier 2025 est la plus complète jamais réalisée en France sur la vidéosurveillance. Sur 1 939 enquêtes analysées, les images n'ont permis d'en résoudre que 22, soit 1,13 %. Les enquêteurs n'utilisent les caméras que dans environ 10 % des enquêtes. Les auteurs eux-mêmes qualifient ces résultats de « décevants » et « modestes ». La Cour des comptes (2020) conclut à « aucune corrélation globale » entre vidéosurveillance et niveau de délinquance. Une caméra coûte entre 30 000 et 100 000 € (installation, maintenance, exploitation). Ce n'est pas un argument contre la vidéosurveillance ciblée. C'est un argument contre le « tout-caméra » comme solution miracle.

Ce qui marche : les alternatives à la prison

La prison coûte 32 000 € par an et par détenu et produit 63 % de récidive à 5 ans. Le bracelet électronique coûte 3 600 € (neuf fois moins) et produit 30 % de récidive (deux fois moins). Le travail d'intérêt général coûte 1 110 € (trente fois moins). Ce ne sont pas des opinions, ce sont les chiffres du Ministère de la Justice. Et au-delà du coût, ce qui réduit vraiment la récidive, c'est l'accompagnement post-peine : logement, emploi, santé, formation.

Restaurer la confiance entre police et population

Au-delà de l'organisation des corps et des alternatives à la prison, il faut restaurer la confiance. C'est ce qui manque le plus aujourd'hui, et c'est ce qui détermine, en pratique, l'efficacité du système. Une police que la population ne reconnaît plus comme légitime ne peut pas faire son travail.

Être efficace contre la délinquance, c'est investir dans ce qui réduit la récidive et restaurer la confiance entre police et population. Pas dans ce qui fait de bons slogans électoraux.